Là-bas si j'y suis 5
Photographie
Le projet Là-bas si j’y suis, développé par Yohann Gozard, a interpellé le Département du Tarn-et-Garonne dans sa dimension sociale et graphique. L'artiste a participé en 2013 à une action de sensibilisation à la création contemporaine en collaboration avec La Cuisine, centre d'art et de design, le SPIP du Tarn-et-Garonne (Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation), et la Maison d'arrêt de Montauban, afin de concevoir et formuler ensemble un projet spécifiquement destiné à la population carcérale et adapté aux conditions de détention. Le cœur du projet reposait sur la rencontre entre les détenus et l'artiste autour d'un atelier photographique à la Maison d'arrêt de Montauban. L'objectif des ateliers mis en place à cette occasion était d'initier les détenus à la photographie, son histoire, sa technique et ses formes multiples. Les séances sont l'occasion d'échanger et de débattre autour de la notion de paysage, en lien avec le travail de Yohann Gozard. Les détenus ont dû concevoir la « commande » d'une série de prises de vues réalisées ensuite par l'artiste, hors les murs. En franchissant les limites de la prison grâce à cette commande d'images et à l'édition de cartes postales, un support généralement rattaché aux souvenirs, le projet permet de multiples aller-retour symboliques entre les détenus et le monde extérieur de la Maison d'arrêt.
Le paysage est un milieu, à égale distance, dans l’espace et le temps, entre le jour et la nuit, la lumière et l’obscurité. (…) Yohann Gozard incorpore le temps dans l’espace de la représentation avec la lumière et avec l’ombre corollaire. Il ne fait pas l’éloge d’une temporalité narrative mais d’une temporalité spatialisée, de la chair du visible, de l’ombre par la lumière et de la lumière dans l’ombre. ». (Source : extrait Bertrand Meyer Himhoff (2006) pour Pauses, édition Château d’eau, Toulouse « lumières limites, la vallée du Lot la nuit »)