St Martin Labouval - 29/11/2010 / Yohann Gozard
Photographie
Gozard, Yohann
« Le choix du registre nocturne des images adoptées par Yohann Gozard suggère la dimension fictionnelle de la photographie comme machine à rêver et comme image qui exsude du rêve déposé en elle. Avec une optique très personnelle, Yohann Gozard réalise des photographies habitées et vécues en équilibre sur les bords du paysage et de l'architecture. Le paysage est un milieu, à égale distance, dans l'espace et le temps, entre le jour et la nuit, la lumière et l'obscurité. Yohann Gozard incorpore le temps dans l'espace de la représentation avec la lumière et avec l'ombre corollaire. Il ne fait pas l'éloge d'une temporalité narrative mais d'une temporalité spatialisée, de la chair du visible, de l'ombre par la lumière et de la lumière dans l'ombre. » Yohann Gozard a participé à une résidence d'artiste en 2010 aux Maisons Daura à Saint-Cirq Lapopie, qu'il a intitulé : « Lumières limites, la vallée du Lot la nuit ». (Source : Extrait d'un texte de Bertrand Meyer Himhoff (2006) pour Pauses, édition Château d'eau, Toulouse « lumières limites, la vallée du Lot la nuit ».)
- Description
- Digigraphie ; 40 x 60 cm
- Editeur
- Gozard. Lot
- Date d'édition
- 2010
- Date d'entrée dans la collection
- 2011
- Droits à l'image
- © ADAGP, Paris
- Note sur l'artiste
- Yohann Gozard travaille habituellement sur la périphérie des villes, « la France moche » des zones commerciales, pavillonnaire, de l’agriculture intensive. Son temps de pose est toujours très long (30 à 40 min comme dans les débuts de la photographie). Son point de vue est toujours un peu au-dessus car il se perche sur un escabeau. L’artiste dissocie son travail du rêve de destinations lointaines pour se concentrer sur le réenchantement de son environnement direct, au gré des errances automobiles et du temps. Presque exclusivement nocturnes, ses images sont les captures recomposées d'apparitions hallucinatoires au détour des routes. Elles stratifient l'expérience du temps qui s'étire, elles construisent dans des espaces génériques et anonymes des paysages singulièrement intimes. Car dans l'obscurité enveloppante de la nuit, pas d'horizon : la lumière seule définit la portée du regard et l'espace visible, recomposant au gré des réverbères quelques îlots de paysages isolés, autant de décors oniriques, de scènes de théâtre, de décors de films et de possibles histoires qui surgissent dans la banalité routinière des paysages quotidiens auxquels nous ne prêtons qu'une attention résiduelle et sans désirs.